Quoi ?

« Co-produisons nos retraites dès 18 ans ! »

En 1948, Georges Orwell a écrit :

Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur.
Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé.

Sur le même constat, avec soixante-six ans de preuves en plus, l’association d’éducation populaire Réseau salariat Île-de-France a le plaisir de convier ses sympathisant-e-s ce jeudi 23 octobre, de 19h à 22h à Paris XX° :

  • à un atelier d’approfondissement de son analyse du déjà-là émancipateur de la convention salariale du travail (cotisation sociale interprofessionnelle à taux unique, qualification (et donc salaire) à vie attachée à la personne, co-propriété d’usage des outils de production, et tout ce qui en découle..) conquise dans la lutte des classes du XX° siècle,

  • accompagné d’un atelier remue-méninges sur les propositions offensives à construire pour que la classe salariale redevienne révolutionnaire et achève de nous émanciper de nos maîtres et de leur convention capitaliste du travail.

Pour cela rendez-vous donc à l‘atelier du quartier Fougères de la Cyclofficine de Paris :
au 3, rue de Noisy-le-Sec, 75020 Paris

Pensez à apporter du boire et du manger à partager :)

Thèmes abordés

Tout-e salarié-e ou bénévole des cyclofficines est bienvenue pour se joindre à nous.

La Cotisation sociale

« Une bombe amorcée en 1945 au cœur du Capital »

En 1945, la lutte de classes conquiert une nouvelle définition du travail, adossée sur une institution anticipée localement mais maintenant nationale : la Cotisation sociale interprofessionnelle à taux unique, qui opère non plus comme l’Impôt : un changement de la répartition de la valeur ajoutée, mais un changement de sa production même :

« Une Sécurité sociale réalisée dans un enthousiasme indescriptible »

L’ordonnance du [4] octobre 1945, qui l’institue, donnera lieu à un immense chantier sous la maîtrise d’œuvre [d’Ambroise Croizat] que l’on baptisa 
« le ministre des Travailleurs ». Elle aboutira en moins de sept mois à la création de 138 caisses de Sécurité sociale. Des travailleurs anonymes, essentiellement, les bâtiront sur leurs congés ou hors de leur temps de travail. « Une œuvre réalisée dans un enthousiasme indescriptible, dira Roger Petit, président de la caisse primaire de Savoie, tant ceux qui se mettaient à l’ouvrage avaient conscience de construire leur avenir et de garantir la dignité du droit à la santé et au repos pour tous. »
— Dans la nuit noire, la lumière des Jours heureux, Michel Etiévent, mars 2014.

« Seul le travail produit de la valeur économique »

Partage de la valeur du PIB Origine de la valeur du PIB
Distribution primaire Distribution secondaire
40% : Profits Profits nets d’impôts Valeur économique produite par le travail des salarié-e-s en emploi Valeur économique produite par le Travail (2 000 milliards d’€/an)
Impôts Valeur économique produite par le travail hors-emploi
30% : Cotisations sociales
Cotisations sociales nettes d’impôts
Impôts
30% : Salaires directs de l’emploi
Salaires directs nets d’impôts Valeur économique produite par le travail des salarié-e-s en emploi

— Réseau salariat, Revenu inconditionnel ou salaire à vie ?, 2014.

« L’Impôt légitime ce qu’il ponctionne »

~ L’Impôt fonde de même la convention salariale du travail, mais d’une façon très ambiguë puisqu’il est la redistribution de revenus fondateurs de la convention capitaliste (les Salaires des Emplois, le profit), que de ce fait il légitime.

La citoyenneté qui lui est liée est ainsi antinomique de la citoyenneté salariale : c’est une citoyenneté fondée sur une contribution tirée de ces revenus fondateurs de la convention capitaliste (ce qui alimente la thématique des prélèvements obligatoires), alors que a cotisation inaugure une autre citoyenneté possible. Non pas une citoyenneté qui vient en quelque sorte compenser la convention capitaliste par la redistribution des revenus de cette dernière, mais la citoyenneté proprement salariale qui affirme, au nom de leur production, les producteurs d’une valeur économique alternative.

~ À cette ambivalence de l’Impôt, CSG et TVA sociale ajoutent leur caractère explicitement anti-cotisation, et donc anti-salarial, puisqu'elles ont pour résultat, sinon pour objectif, d’alimenter une logique de piliers en transformant la cotisation soit en outil de solidarité nationale, soit en Prévoyance par répartition.

~ Ce n’est donc pas sur la réforme fiscale, mais sur la généralisation de la cotisation à tout le PIB (à l’exception de l’autofinancement) dans la cotisation économique et la cotisation salaire que l’on peut fonder le remplacement de la convention capitaliste de la valeur par sa convention salariale.
  —  L’enjeu du salaire, Bernard Friot, 2012, éd. La Dispute

« La Cotisation sociale est produite par celles et ceux qu’elle paye »

La cotisation sociale présente des caractéristiques similaires [au salaire] qui permettent de dire qu’elle est aussi un salaire : c’est un barème (le taux salarial et le taux patronal ainsi que les taux de remplacement du salaire), également négocié par les mêmes interlocuteurs (organisations syndicales et patronales dans un cadre législatif) ; elle est proportionnelle au salaire.
L’allocataire d’une prestation financée par la cotisation sociale (chômeur, retraité, parent, malade) est donc aussi un salarié, non pas un assujetti social.
— Christine Jakse, L’enjeu de la cotisation sociale, septembre 2012.

Ressources