socioculturel /sɔ.sjɔ.kyl.ty.ʁɛl/ :

« Le Socioculturel devient la Culture des pauvres, qui sert à empêcher l’énonciation du conflit social »

D’abord rattachée à Malraux en même temps que la direction des beaux-arts, la sous-direction de l’Éducation populaire retourne définitivement à la jeunesse et aux sports. La coupure sera désormais établie entre culturel et Socioculturel, entre « vraie » et « fausse » Culture que seul l’État sera fondé à départager. Beaucoup attendaient que la gauche arrivant au pouvoir abolisse cette césure. Il n’en fut rien. [...]
En d’autres termes : il n’y aura pas de service public d’éducation démocratique, critique ou politique des jeunes adultes en France. Ils feront plutôt du kayak !
Guéhenno démissionne, Mlle Faure retourne en Algérie diriger un service d’Éducation populaire non rattaché au sport.
  — De l’éducation populaire à la domestication par la « culture »,
    Frank Lepage, mai 2009.

Des associations supplétives de l’action publique

Ces associations sont très largement financées par les pouvoirs publics qui obtiennent des prestations socioculturelles de qualité à un coût réduit, notamment grâce au travail bénévole et au surtravail. Le tableau qui est fait dans le livre, avec de nombreux exemples et témoignages, montre bien que la précarité des financements retombe directement sur les salariés. [...]
Si les salariés d’association font souvent leur métier par conviction cela n’implique pas qu’ils soient corvéables à merci. Il n’y a aucune raison pour que les associations ne respectent pas le droit du travail et leurs salariés avec. Au contraire, l’économie sociale et solidaire doit faire mieux que le secteur privé sur cette question. Et même si tout n’est pas aussi noir dans toutes les associations, ce livre, montre qu’il y a encore du chemin à parcourir.
  — Chroniques du « Livre noir de l’animation socio-culturelle »

« La Culture ce n’est rien d’autre que de développer pour tous, individuellement et collectivement, le pouvoir d’agir ici et maintenant. »

Si un centre culturel, une MJC ou un centre social se mettaient en tête de travailler sur le fait que l’école est là pour fabriquer de l’inégalité et de l’échec scolaire ou sur l’absurdité de la notation individuelle, ce serait le souk. Il se mettrait toute l’éducation nationale à dos, la mairie...
Sauf, c’est l’hypothèse sur laquelle on travaille, si on arrive à créer un certain nombre d’alliances de gens prêts à essayer de construire cette discussion d’une façon qui permette d’avancer. On a des alliés dans l’éducation nationale, les profs ne sont pas tous des dingues et les élus ne sont pas tous pourris.
  — Chroniques du Rocher n°6, Frank Lepage, 2013.

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